un choc de modernisation
à l’échelle européenne
Métiers : Secrétariat Général / Solutions de Mobilité
Mots-clés : Facturation électronique
Juin 2026
C’est une réforme structurante, appelée à bouleverser en profondeur le fonctionnement et la performance des flux de facturation des entreprises françaises.
À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France devront être en capacité de recevoir, et pour les plus grandes entreprises, également d’émettre leurs factures sous format électronique.
Bien au-delà d’une simple évolution règlementaire, la réforme de la facturation électronique constitue un levier majeur de transformation. Par son ampleur et son caractère systémique, elle ouvre la voie à une modernisation sans précédent des processus financiers et administratifs des organisations, comparable à la généralisation des formats bancaires IBAN à l’échelle européenne. À la clé : un gain significatif en efficacité et en transparence, au service d’un renforcement durable de la compétitivité des entreprises françaises et européennes.
Quels sont les enjeux de cette transformation ? Comment ses impacts vont-ils concrètement se traduire dans le quotidien des organisations ?
De quelle manière les équipes TMF se mobilisent-elles pour anticiper et réussir cette mutation stratégique ?
Pour répondre à toutes ces questions, l’équipe de L’aparté est allée à la rencontre d’Emmanuelle GOMEZ, responsable Process et Projets et chef de projet TRIP pour TMF (TotalEnergies Invoicing Reporting Platform), et de Cécile MARTIN, chef du service Projets Outils et Systèmes de SDM, l’entité de TMF qui émet de loin le plus grand nombre de factures.
Maintenant, tous au diapason pour faire évoluer la note !

Responsable Process et Projets
Chef de projet TRIP pour TEMF

Chef du service Projets Outils
et Systèmes de SDM
Emmanuelle, Cécile, pour commencer, pouvez-vous nous rappeler en quoi consiste la réforme de la facturation électronique ?
Emmanuelle GOMEZ : La réforme de la facturation électronique émane de la directive européenne « VAT in the Digital Age » adoptée en 2005 et transposée en droit français par la Loi de Finance de 2020. Concrètement, elle vise à généraliser l’usage de la facturation électronique à l’ensemble des transactions commerciales entre les entreprises assujetties à la TVA et établies en France métropolitaine. Pour l’administration fiscale, c’est un moyen de lutter efficacement contre la fraude à la TVA et surtout, d’avoir une connaissance plus fine de l’activité des entreprises et de l’économie française, grâce à la collecte automatisée des données de facturation.
Cécile MARTIN : Pour en venir au calendrier de déploiement, dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir leurs factures sous format électronique. À cette même date, l’obligation d’émettre des factures électroniques s’appliquera aux Grandes Entreprises (GE) et aux Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI). Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et les Très Petites Entreprises (TPE) bénéficieront quant à elles d’un délai d’un an, jusqu’au 1er septembre 2027, pour se conformer à l’obligation d’émission.
Tout comprendre sur la réforme de la facturation électronique
Pfff ! Cela fait longtemps que nous ne faisons plus de factures papier… Nous envoyons nos factures par mail à nos clients professionnels, nous sommes déjà en règle !
C.M : Détrompez-vous ! Mais vous soulevez un point essentiel : la notion de facturation électronique au sens de la réforme ne se limite pas à l’envoi d’une simple facture par mail. Pour être conformes, les entreprises doivent adopter un format de facture certifié, qui intègre des informations obligatoires, telles que le numéro SIREN, l’adresse de facturation ou la nature exacte des transactions, et comporte un fichier XML contenant des données structurées, capables d’être lues par une plateforme agréée…
E.G : Tout à fait Cécile et cela nous amène à la seconde exigence de la réforme : chaque entreprise doit recourir à des plateformes dématérialisées et agréées par l’État pour transmettre leurs factures. Au-delà de garantir la conformité et la fiabilité des données, ainsi que la sécurisation des flux d’échanges entre clients et fournisseurs, ces plateformes permettent également la transmission automatique des informations de facturation à l’administration fiscale. L’ensemble de ces données est ensuite centralisé par le Portail Public de Facturation (PPF), un outil mis en place par l’État et dont le rôle évolue aujourd’hui pour devenir une véritable banque de données de facturation. Vous vous en doutez, cette automatisation va représenter un gain de temps sans précédent pour les entreprises…
Le saviez-vous ?
Le Portail Public de Facturation (PPF) évolue !
Déployé en 2020 pour accompagner la réforme sur la facturation électronique, le Portail Public de Facturation (PPF) avait initialement vocation à être une plateforme complète de facturation, capable d’émettre, recevoir et transmettre les factures, tout en assurant la communication à l’administration fiscale.
Toutefois, en 2024, l’État a décidé de revoir son périmètre d’action, en confiant les échanges de factures aux Plateformes Agréées.
Désormais, le PPF se recentre sur un rôle de centralisation de données de facturation, autour de deux missions distinctes :
- La gestion de l’annuaire central des entreprises, dans lequel chaque entité doit être
enregistrée afin d’être identifiée dans le système de facturation électronique.
- La collecte des données de facturation, transmises par les plateformes agréées, avec lesquelles il est interconnecté, avant leur transmission à l’administration fiscale.
Justement, quels sont les bénéfices de cette réforme pour les entreprises ?
E.G : Ils sont nombreux et leur impact est déterminant. Les plateformes agréées sont le pivot central de cette réforme et introduisent une véritable révolution dans le pilotage financier et administratif des entreprises. Grâce à la collecte, la certification, la traçabilité et à la transmission en temps réel des données de facturation, elles accompliront beaucoup plus rapidement des opérations jusqu’alors chronophages pour les équipes. Plus de factures qui se perdent, plus besoin de rappeler son fournisseur pour retrouver un document ou en renvoyer un à ses clients… Pour nous, cela va aussi considérablement simplifier nos obligations fiscales et administratives, notamment en matière de déclaration de TVA. Les organisations pourront ainsi optimiser leurs processus et réduire significativement leurs coûts de traitement.
C.M : Et ce n’est pas tout, la transmission instantanée des factures via ces plateformes favorise également des circuits de paiement plus rapides.
Cet avantage permettra de réduire les délais de règlement et, à terme, d’améliorer la trésorerie des entreprises, tout en fluidifiant et sécurisant les échanges entre clients et fournisseurs. Un tel levier compétitif va se traduire tant au niveau national qu’international. Sur le plan national, la réforme va mettre tous les acteurs sur un pied d’égalité, en limitant fortement la fraude à la TVA et en valorisant davantage la performance des entreprises. À l’international, les gains de temps, d’efficacité et de coûts contribueront à renforcer la compétitivité des entreprises françaises face à des acteurs étrangers qui ne bénéficient pas de ce niveau de simplification.
Les Plateformes Agréées, au coeur de la réforme sur la facturation électronique
Concrètement, comment tous ces bénéfices vont-ils se traduire dans le quotidien des équipes ?
E.G : Grâce à la centralisation et au traitement automatique des factures sur des plateformes agréées, nous bénéficierons d’une parfaite traçabilité, ce qui change tout ! D’abord, le routage sera fiabilisé : finies les factures destinées à TMF qui arrivent au mauvais service. Imaginez donc le temps que nous allons gagner en ne devant plus rechercher ni enregistrer avec retard des documents égarés : tout sera désormais centralisé et accessible directement via les plateformes. Ce qui amène à une autre avancée majeure : la visibilité en temps réel du statut de chaque facture. Nous saurons instantanément si une facture a bien été reçue, approuvée et payée par le client. Cette transparence permettra un suivi beaucoup plus précis et réduira pour nous les zones d’incertitude.
C.M : Dans la même logique, les plateformes auront aussi l’aptitude d’identifier et de nous transmettre les motifs relatifs aux suspensions ou refus de paiement, mettant fin aux longues recherches pour en comprendre l’origine. Nous pourrons ainsi réagir plus rapidement, échanger efficacement avec nos clients et limiter les retards de paiement, avec un impact positif sur la trésorerie. C’est également un levier fort pour fluidifier la communication avec l’ensemble de nos parties prenantes. Enfin, dernier avantage, la transmission automatique des données à l’administration fiscale va réduire le temps passé à collecter et vérifier les informations pour remplir nos obligations déclaratives en matière de TVA. Nous gagnerons en efficacité et en fiabilité dans nos processus et cela constitue un véritable avantage compétitif !
À présent, pouvez-vous nous dire comment les équipes de TMF se mettent en conformité ?
E.G : Vous l’avez compris, pour être conformes, les filiales de la Compagnie ont dû répondre à deux prérequis : adopter un format de facture certifié et choisir une plateforme agréée pour assurer la transmission des données de facturation. S’agissant des plateformes agréées, les entités de la Compagnie intégrées au projet TRIP (TotalEnergies Invoicing Reporting Platform), ce qui est le cas de TMF, vont s’appuyer sur Generix pour l’émission des factures et Cegedim, avec laquelle nous travaillions déjà, pour la réception des factures envoyées par nos fournisseurs. Pour ce qui est du format, le projet TRIP a retenu le format de facture Factur-X. Tous ces changements ont d’ailleurs conduit les équipes à repenser leurs flux de facturation, qui pour certains étaient déjà dématérialisés, afin de les adapter au nouveau dispositif.
C.M : Cette transformation de nos modes de facturation mobilise l’ensemble des équipes de la direction des Solutions de Mobilité France qui commercialisent la carte Fleet, aussi connue comme l’entité de TMF qui dispose du plus grand portefeuille clients et génère un volume élevé de factures. Pour être en conformité d’ici le 1er septembre, nous avons entrepris une mise à jour de nos outils et repensé notre cartographie de flux. Nous changeons notamment notre système de facturation pour passer d’un outil interne vers le logiciel SAP.
Un tel changement nous demande également un important travail d’accompagnement, tant en interne qu’auprès de nos clients. Nous multiplions ainsi les actions de communication pour nous assurer de leur bonne préparation à cette transition : campagnes d’e-mailing, relais sur les réseaux sociaux, ou encore diffusion de flyers au format bande dessinée joints à leurs factures. Nos équipes commerciales jouent également à merveille leur rôle de relai dans cette démarche.
Un grand merci à tous pour votre mobilisation sur ce projet d’ampleur !


« Avec le projet Conformité E-Invoicing (CEI), la direction SDM se prépare activement à la révolution de la réforme sur la facturation électronique.
En unissant les expertises de la ligne Métier, du Credit Management et du Contrôle de Gestion, nous transformons une contrainte réglementaire en opportunité stratégique.
Grâce à l’optimisation de nos flux de facturation, nous gagnons en agilité opérationnelle et en proximité avec nos clients.
Simplification, fluidité et fierté : tels sont les piliers de cet engagement collectif !»
Jean-David ICHAY
Consultant Dématérialisation, Projets Systèmes & Partenaires
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