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Roadlife, l’algorithme qui prédit la durée de vie des chaussées
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Roadlife, l’algorithme qui prédit la durée de vie des chaussées

Juillet 2026

Il ne lit pas l’avenir dans les boules de cristal, ni le marc de café ou les cartes de tarot. Pourtant, ses prédictions s’avèrent bien plus justes et affûtées…

Roadlife, le nouveau modèle numérique développé par les équipes R&D du Centre de Recherche de Solaize (CRES), prédit l’impact des bitumes de spécialité sur la durée de vie des chaussées.

Magique ? Non. Scientifique ? Oui ! Pour déceler cette clairvoyance, l’équipe de L’aparté a rencontré Ségolène LAAGE, ingénieure de recherche au CRES et responsable du projet Roadlife, et Iliass TAHIRI, ingénieur de recherche bitumes au CRES.

Ségolène LAAGE
Ingénieure de recherche au CRES et responsable du projet Roadlife
Iliass TAHIRI
Ingénieur de recherche bitumes au CRES

Ségolène, Iliass, pourquoi avoir développé le modèle prédictif Roadlife ?

Ségolène LAAGE : Face au contexte climatique, la règlementation évolue et impose désormais une réduction de l’empreinte carbone des matériaux de construction. Pour répondre à ces exigences et aux attentes des clients, les équipes de la direction Bitumes mettent plus que jamais l’accent sur le développement des spécialités bas carbone, afin de limiter l’impact environnemental des routes et, plus largement, de leurs activités.

Iliass TAHIRI : Tout à fait, les travaux menés dans nos laboratoires s’articulent autour de plusieurs axes pour atteindre ces objectifs de décarbonation : améliorer la recyclabilité des enrobés, lutter contre les ilots de chaleur, réduire les températures d’application, incorporer des composants issus de la biomasse et enfin, prolonger la durée de vie des chaussées. C’est sur ce dernier levier que les équipes du CRES ont développé le modèle prédictif numérique Roadlife, capable de répondre aux exigences réglementaires en matière d’analyse du cycle de vie des matériaux de construction.

Expliquez-nous le concept : comment Roadlife mesure-t-il concrètement l’impact des bitumes de spécialités1 sur la durée de vie des chaussées ?

I.T : Pour prédire la durée de vie des routes, l’algorithme Roadlife s’appuie sur des données expérimentales qui émanent du terrain, spécifiquement liées aux produits que nous développons. La fiabilité du modèle a été testée et validée grâce aux résultats issus de l’étude LAVOC, menée en Suisse sur une période de 20 ans. Ces travaux ont alors confirmé une forte corrélation entre la durée de vie observée en conditions réelles et celle prédite par le modèle numérique.

S.L : Exactement et le modèle intègre ainsi diverses variables en données d’entrée pour délivrer des prédictions de durée de vie, notamment les mécanismes de vieillissement thermique liés aux conditions météorologiques, d’oxydation et de fatigue corrélée au trafic routier. Conçu comme un véritable jumeau numérique, l’outil permet de simuler l’évolution des performances des chaussées dans différents contextes de trafic et de conditions climatiques. Grâce à ces précieuses analyses, nous avons constaté que les bitumes de spécialités offrent une durée de vie supérieure à celle des produits de commodité2.

Dites-nous en plus : pourquoi les bitumes de spécialités ont-ils un cycle de vie plus long ?

S.L : L’analyse de trois types de liants de la gamme Styrelf®, qui appartient à la catégorie des bitumes de spécialités, montre que l’incorporation de polymères ou d’additifs permet d’allonger de 2,5 à 9 ans la durée de vie qualitative des chaussées ! Une fois vérifiés sur le terrain, ces gains de durabilité se traduiront mécaniquement par une réduction des émissions de CO₂ et des coûts de maintenance pour les clients.

I.T : Autrement dit, même si les produits de commodité présentent une empreinte carbone initiale plus faible, les émissions liées à l’ajout de polymères dans les bitumes de spécialités sont systématiquement compensées par l’allongement de leur durée de vie, et ce, quel que soit le niveau d’additivation étudié. Il en va de même concernant la différence de prix entre les différents types de liants.

À présent, parlons avenir : quelles sont les prochaines étapes dans le développement du modèle ?

I.T : Dans les prochains mois, nos équipes au CRES envisagent d’enrichir l’algorithme en incluant le phénomène de fissuration thermique au protocole d’étude, tout en étendant son champs d’application à d’autres types de produits. L’objectif à terme est également de rendre accessible cet outil à nos parties prenantes externes.

S.L : Finalement, Roadlife s’impose comme un outil stratégique pour accompagner la transition vers des infrastructures routières plus durables. Il apporte des arguments à la fois scientifiques et financiers solides pour promouvoir les bitumes de spécialités auprès des clients et des prescripteurs.

  1. Bitumes de spécialités : Bitumes avec ajout de polymères et/ou d’additifs ↩︎
  2. Produits de commodité : Bitumes non modifiés ↩︎

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